Affiche (Spa s’affiche – H.A.S. – Juin 2004)
Les mercredi 27, jeudi 28 et vendredi 29 juillet 1910 se déroule à Bruxelles un Congrès international de Sapeurs-Pompiers. Ce sont des journées d’études et de travail suivies par des officiels de nombreux corps de sapeurs-pompiers belges, français, anglais, allemands et luxembourgeois. En tout quelque trois cents personnes.
A Spa, au contraire, du 30 juillet au 2 août, auront lieu toutes les réjouissances proposées aux congressistes. Elles sont organisées par le Comité de la Fédération Belge des Sapeurs-Pompiers avec l’aide d’un Comité local présidé par l’échevin Charles Colette. Les préparations de ces festivités prendront trois mois.
Le 30 juillet, durant toute la journée, les différents corps de sapeurs-pompiers sont arrivés à la gare de Spa. Au soir, quelque 200 officiers ont été reçus par Auguste Peltzer, Bourgmestre de Spa, au Château de la Fraineuse, sa résidence privée (voir l’article intitulé : Les châteaux Peltzer de Nivezé). Cette réception protocolaire fut suivie par une retraite aux flambeaux.
Carte postale : 1910 : Château de la Fraineuse à Nivezé-Spa
Le 31 juillet, à 12 heures, réception au Casino par les Autorités communales. Juste après, malgré une météo incertaine, devant dix à douze mille curieux, un imposant cortège, regroupant plus d’un millier de participants issus des différents corps de sapeurs-pompiers arrivés à Spa, traverse la ville thermale avec leur matériel, accompagné des musiques des sapeurs-pompiers de Schaerbeek, Hoboken, Jodogne et Welkenraedt.
Parmi le matériel que les Spadois et les villégiateurs présents peuvent admirer dans ce défilé, on peut citer : la puissante et superbe auto-pompe du Salvage-Corps de Londres d’une puissance de 125 CV, celle des Allemands, des pompes à vapeur et à bras françaises et belges, des échelles et dévidoirs hippomobiles, …
Au milieu de l’après-midi, au Champ des Sports, rue de la Géronstère, devant quatre mille personnes, un concours de manœuvres d’incendie rassemble des équipes de sapeurs-pompiers des différents pays représentés.
Cette deuxième journée se termina par un magnifique concert avec le concours du baryton belge Maurice de Cléry à la Galerie Léopold II, suivi d’un superbe feu d’artifice tiré dans le parc de Sept Heures.
Le 1er août 1910, troisième journée des fêtes offertes aux sapeurs-pompiers. Fin de la matinée, un concert symphonique a lieu place Royale. Au début de l’après-midi, une visité des établissements thermaux est proposée. A 16 h 30’, à l’Hippodrome de la Sauvenière, ont lieu des expériences d’extincteurs contre l’explosion des essences. Le soir, deux divertissements sont proposés : un concert avec le concours de la cantatrice Gabrielle Bernard dans la Galerie Léopold II du parc de Sept Heures et une comédie en 3 actes de Pierre Wolff « Le Secret de Polichinelle » au théâtre du Casino.
Le 2 août, dernier jour des fêtes, outre des excursions et des expositions, des concerts sont proposés place Royale et dans les Jardins du Casino. Le départ des différents Corps de Sapeurs-Pompiers se fera par trains spéciaux vers 21 heures.
En résumé, ces fêtes internationales des sapeurs-pompiers marquèrent la saison spadoise de 1910. Elles furent réussies malgré une météo pas toujours favorable. Elles valurent à notre cité thermale la visite de plusieurs milliers de touristes, ce dont le commerce local aura largement profité !
1914 : la 2e section des pompiers spadois en manœuvre avec une pompe à bras dans la cour de l’arsenal communal situé dans l’ancienne Ecole moyenne devenue Hôtel de Ville en 1941 (collection Claudine Spailier)
Corps des sapeurs-pompiers spadois en 1910 :
L’arsenal spadois a été transféré en 1908 dans l’ancienne Ecole Moyenne (aujourd’hui l’Hôtel de Ville). A cette époque et ce depuis 1884, un petit arsenal existait dans les villages de Creppe, Winamplanche et Nivezé (voir l’article intitulé : Les pompiers des villages spadois).
Depuis 1906, le corps des sapeurs-pompiers spadois est dirigé par le capitaine-commandant Maurice Joris, Commissaire de police à Spa. Il est secondé par les lieutenants François Ledin et Michel Heinen, Commissaires de police adjoints à Spa, qui ont suivi une formation adéquate. L’effectif est d’une septantaine hommes, dont une dizaine est affectée aux trois arsenaux villageois. A cette époque, les pompiers participent dans une large mesure au service de la police locale, surtout la nuit.
En ce début de 20e siècle, le personnel est pourvu d’une tenue de feu : vareuse en cuir, casque, ceinture de sauvetage ; le matériel (5 pompes à bras, 220 seaux, 15 échelles, …) vient de s’étoffer d’une échelle mécanique sur roues (hauteur maximale 15 m), d’échelles à coulisses munies de crochets, de toiles de sauvetage et aussi d’une auto dévidoir.
Le rapport communal de 1910 nous apprend que le matériel est dans un état parfait d’entretien, qu’un échafaudage de manœuvres vient d’être acquis permettant aux hommes de s’exercer d’une manière plus rationnelle et que la nécessité d’un tracteur mécanique et de sonneries d’appel se fait toujours sentir.
Jean Lecampinaire
Sources : Spa s’affiche (H.A.S. – 2004) – Cent-cinquante Ans d’Histoire de Spa (Georges Spailier – Editions J’Ose -1979) – Gardes pompes et sapeurs-pompiers (GeorgesSpailier – Les Cahiers Ardennais – Editions J’Ose – 1939) – Rapports Communaux de Spa (Année 1910) – Le Mémorial de Spa (Juillet et Août 1910 – Fonds Body) – La Saison de Spa (Juillet et Août 1910 – Fonds Body)