Quelques lieux spadois prêtent à confusion sans toutefois porter atteinte à leurs origines historiques.

Le parterre fleuri devant le casino et la bibliothèque, ce que les Spadois appellent « Les Jardins du Casino » s’appelle en réalité « Square Maréchal Ferdinand Foch », et cela depuis une décision du Conseil communal du 13 avril 1929 actée le 20 avril. Cette année 1929 est la date de décès de ce militaire français, héros de la Grande Guerre.

Le long de l’avenue Reine Astrid, près de la statue du Maréchal, il ne s’agit pas de la « place » ni du « square » Maréchal Foch mais bien une petite partie de l’avenue Reine Astrid qui était appelée « Allée de la Reine » avant l’érection du monument. C’est en 1932, après la mort du Maréchal, que la statue fut érigée. Mais ce qui rend le texte confus, c’est que l’avenue Reine Astrid fut dénommée ainsi dès octobre1935 suite à la mort en 1934 de la Reine Astrid, car c’était l’avenue ou l’allée du Marteau auparavant. Les personnes habitant sur cette allée sont domiciliées dans l’avenue.

La Villa verte au fond de cette allée était appelée « Villa de la Reine ». Son propriétaire était Edouard REMOUCHAMPS, directeur du Musée de la Vie Wallonne qui posséderait encore l’enseigne. C’est un descendant de cette famille liégeoise qui dénomma cette villa « Le Vert Bois » qui est adressée actuellement au 47 de l’avenue Reine Astrid.

La place du Monument fut appelée « Le Jardin des Roses » mais en réalité devrait être appelée « Square Albert Ier ». En effet, au lendemain de l’armistice, en 1918, les combattants harassés, aigris par quatre années de souffrance, attendaient des autorités une reconnaissance en récompense de leur bravoure et de leur sacrifice. À travers le pays, chaque localité s’est fait un devoir d’honorer ses « morts pour la patrie » en élevant un monument, une colonne ou une simple statue. Au début de 1919, le Conseil communal chargea les menuisiers d’ériger un mémorial en bois provisoire constitué d’un obélisque posé sur une section carrée. L’endroit fut choisi et ce fut l’allée de la Reine. Mais ce choix peu judicieux attisa la colère des anciens combattants qui reprochaient l’éloignement du centre de cette construction. Elle fut promptement déplacée dans le Jardin des Roses et inaugurée le 27 juillet 1919. Le 22 novembre 1919, les enfants des écoles se réunirent sur la place pour planter un arbre de la liberté en commémoration de la libération de la Belgique.

Le monument actuel date de décembre 1921, œuvre de l’architecte liégeois Léon FLAGOTHIER. Le Jardin des Roses où s’élèvent l’arbre et le monument sera dénommé dès 1923 « Square Albert Ier » en l’honneur du Roi chevalier. Autrefois, c’était la rue Albin Body (depuis le Point chaud jusqu’au chemin de fer) et la rue David (l’Auberge par exemple) qui bordaient cette place, qui fut rapidement dénommée par les Spadois « Place du Monument ». En 1963, l’Administration communale en officialisa le nom.

Jean-Luc SERET

Sources : Fonds Body – Fardes Spailier